La démarche qui m’anime et qui a abouti à la création de la savonnerie CRÜ est très simple, elle trouve sa source à travers une quête de sens et de simplicité. Plusieurs axes de réflexions, qui portaient sur l’alimentation, la santé, l’environnement, la consommation en général et notre impact au quotidien, la nécessité de vivre pleinement le présent et cesser de courir inutilement, m’ont permis de faire des choix. Je vous livre le fruit de ces réflexions et actions qui en découlent

Presque zéro déchet

Il y a dix ans à peu près, en arrivant dans notre maison actuelle, nous avons fait deux gestes très simples qui ont déjà considérablement réduit nos déchets : un autocollant STOP PUB sur la boîte aux lettres, et la mise en place d’un composteur dans le jardin pour valoriser en ressources nos déchets organiques.
Puis nous sommes devenus parents, et là, la prise de conscience s’est faite sur l’alimentation. Je souhaitais pouvoir donner une alimentation saine à mon enfant. Et partant de ce principe, le fait d’allaiter dans un premier temps puis de cuisiner en préparant moi-même tous les petits pots, a eu aussi pour conséquence de réduire nos déchets : pas d’emballages, ni de produits préparés, sans saveur.

A l’époque j’avais un travail qui m’imposait beaucoup de déplacements et de nuits d’hôtels dans la semaine, je m’organisais donc pour tout préparer le week-end, congeler toutes les portions pour qu’elles soient prêtes à l’emploi quotidiennement.

C’est un mode de vie qui s’est mis doucement et naturellement en place car il répondait à des convictions fortes et aussi au bon sens tout simplement.
Puis la démarche continue, suit son cours, les réflexions arrivent d’elles-mêmes et les actions suivent. Réfléchir à sa consommation, en fonction de ses besoins, mais aussi de ses valeurs.

Sur l’alimentation toujours, faire le choix de cultiver son potager et avoir le plaisir de voir pousser ses légumes et la satisfaction de nourrir sa famille avec des produits sains

Réfléchir à ses achats, avec le moins d’emballage possible, en limitant l’impact sur l’environnement.

Puis vient la question des produits ménagers, des produits cosmétiques. Lire, se documenter, trouver des solutions économiques et respectueuses de notre santé et de l’environnement.

Je confectionnais déjà des produits avec très peu d’ingrédients : la lessive, les éponges, les crèmes à récurer, produit à vitres, produit vaisselle, nettoyant salle de bain, etc… puis pour le corps : le déodorant, le baume à lèvres, le shampoing, le gel lavant pour les mains … puis le savon.

Cette démarche, avant tout personnelle, m’a amenée à rencontrer des personnes très différentes et ainsi échanger sur ces pratiques, elle m’a permis de renouer avec les générations antérieures pour qui ce mode de vie était jadis quotidien. Ce n’est pas revenir à « l’âge de pierre », c’est bien au contraire prendre conscience que les ressources de la planète ne sont pas infinies et qu’il nous faut aussi éduquer nos enfants à prendre dès à présent des habitudes responsables. Ainsi ils pourront s’adapter au monde de demain qui sera confronté à l’épuisement de certaines ressources naturelles.

La coopération pour entreprendre

L’aventure de l’entreprenariat est nouvelle pour moi. Je souhaitais certes développer et faire naître mon projet, mais surtout le voir évoluer, grandir, grâce à l’échange, la coopération, le partage, la mutualisation

C’est dans cet esprit que l’aventure a commencé d’ailleurs, entre les groupes de travail ( les empêcheurs de tourner en rond) ils se reconnaîtront, les testeurs de mes formulations ( la tribu des SAF), les brainstorming …

Cette émulation qui s’est petit à petit formée autour du projet, fut pour moi un réel soutien et une force, lors des moments de doute.

C’est donc assez naturellement que j’ai souhaité développer mon activité dans cet esprit, au sein d’une coopérative d’activité et d’emploi (CAE). Mais c’est quoi une CAE ?
« Une entreprise partagée parce que l’on y cultive la coopération et la mutualisation.

Alternative à l’auto entreprenariat, la coopérative d’activité et d’emploi accueille des projets individuels pour qu’ils se développent dans un terreau collectif basé sur le lien, le partage, l’échange…dans le respect de l’intérêt individuel.

En mutualisant des services, des outils en ligne , des compétences internes, des espaces de travail…, la coopérative développe en son sein une véritable dynamique de réseau.

Une entreprise partagée parce que chacun, a accès à la gouvernance de l’entreprise selon la règle des Scop : 1 homme/femme = une voix.
L’innovation apportée réside dans le fait de mixer des éléments incompatibles dans l’univers classique de la création d’entreprise : entrepreneur et salarié à la fois, autonomie et collectif, entraide économique et concurrence…c’est en quelque sorte la mayonnaise des contraires…mais elle prend !
Ecole de coopération et de démocratie, coopérative de développement local, entreprise sociale et solidaire, les CAE ont obtenu en 2014 une légitime reconnaissance via le vote de la loi ESS. »